8 mars : journée de la femme

Marche Mondiale des Femmes 2018

La dernière journée du 8 mars, en 2017, a été marquée par un enthousiasme particulier. À travers plus 50 pays, les femmes se sont mobilisées : manifestations, rassemblements, grèves. Ce jour-là, des millions de personnes ont dénoncé les politiques réactionnaires de Trump, particulièrement à l’encontre des femmes. Le 8 mars commémore les luttes des femmes depuis plus d’une centaine d’années, pour un enseignement gratuit et la fin du travail des enfants, contre l’exploitation sur leurs lieux de travail, pour le droit de vote et pour des droits démocratiques, contre le harcèlement, pour le libre choix de disposer de son corps et pour un salaire égal à travail égal et plus généralement pour des conditions de vie décente. En 2018, cette journée sera également marquée par le succès des hashtags #balancetonporc et #Metoo qui témoignent de l’ampleur et de la gravité du sexisme toujours présent dans la société.

Beaucoup de femmes ont aujourd’hui brisé le silence pour dénoncer le harcèlement et les violences à leur encontre. Des témoignages ont poussé des hommes aux positions importantes à la démission dans le secteur culturel, ainsi que dans le monde académique et politique. Il ne s’agit pas seulement d’une révolte contre les abus sexuels, mais aussi contre le sexisme institutionnalisé dans les relations hiérarchiques du monde professionnel. Les jeunes femmes se retrouvent souvent dans des secteurs moins valorisés, avec des emplois précaires et des bas salaires alors que le coût de la vie ne fait, lui, qu’augmenter. La précarité de l’emploi et la crainte de perdre son emploi rendent les dénonciations d’abus sur le lieu de travail plus difficiles. Les bas revenus rendent les femmes plus dépendantes financièrement de leur conjoint et minent leur possibilité d’échapper à une situation de violence domestique. Les coupes budgétaires sur les allocations sociales et la limitation des droits sociaux renforcent encore cette tendance. L’arrêt des violences sexistes passe par l’indépendance économique des femmes.

Entre le coût des études, les transports, le logement… la précarisation s’approfondit parmi les étudiants. Tout compris, c’est près de 10.000 € par étudiant chaque année, et cela dans un contexte de pénuries généralisées (manque de logements sociaux, de place en crèche…) et de coupes budgétaires à tous les niveaux de pouvoir. En dix ans, le nombre d’étudiants au CPAS a doublé et le nombre de jobistes étudiants employés toute l’année a augmenté de 70 % en cinq ans, un secteur où les inégalités salariales entre homme et femme sont aussi une réalité : 262€ en moins par an en moyenne. Les nombreuses années de sous-financement de l’enseignement et à l’augmentation du coût de la vie due aux politiques néolibérales des partis traditionnels créent un boulevard pour des entreprises comme Rich Meets Beautiful pour pousser les étudiantes à se prostituer pour financer leurs études. La “libération sexuelle” acquise dans les années 60 et 70 a été détournée. Aujourd’hui, l’objectification et la marchandisation du corps des femmes banalisent et minimalisent les violences qu’elles subissent. La lutte contre le sexisme passe par la défense d’un enseignement gratuit et de qualité, en finir avec la précarité et la marchandisation du corps des femmes.

Les comportements sexistes ne résultent pas de la manière dont les femmes s’habillent. Le sexisme n’est pas non plus spécifique à une culture particulière. Opposons-nous aux tentatives de l’extrême droite, de médias ou du gouvernement de pointer du doigt les immigrés comme responsable du sexisme. Le racisme n’est pas une réponse. Ce sont les politiques d’austérité prises aux différents niveaux de pouvoir qui précarisent les femmes et qui constituent un terreau pour les violences à leurs encontre. Pire, les migrantes, encore plus lorsqu’elles sont sans-papiers, n’ont aucune forme de protection sociale. En plus, l’apparition des gouvernements conservateurs et rétrogrades dans plusieurs pays met en danger les droits les plus fondamentaux des femmes et des LGBTQI+ et menace de nous faire reculer de plusieurs décennies. Le sexisme est un problème de toute la société auquel il faut répondre collectivement.

Une réelle émancipation est impossible dans un contexte d’inégalité et de précarité croissantes. Pour la journée internationale de lutte pour les droits des femmes, il est crucial de descendre toutes et tous ensemble dans la rue pour dénoncer le sexisme et la précarité, pour exiger des solutions sociales et collectives contre toutes les politiques qui rendent les femmes plus vulnérables aux violences physiques, psychiques et économiques.
Stop au sexisme et à la précarité

Stop à la marchandisation du corps des femmes pour augmenter les profits. Pas de prostitution pour payer ses études.
Stop à la banalisation des violences faites aux femmes. Stop à la culture du viol.
Stop aux codes vestimentaires. Pour le droit de s’habiller comme on le souhaite.
Luttons contre toutes les formes de discriminations. Pour des campus et des écoles sans sexisme, racisme et LGBTQI-phobie.
Solidarité avec les femmes sans-papiers. Pour une régularisation de toutes et tous.

Contre les violences, luttons pour l’indépendance économique des femmes

Pour un salaire de minimum 14 €/h brut. Pour un salaire étudiant qui couvre l’ensemble des coûts des études.
Pour la fin du statut de cohabitant. Suppression du stage d’attente. Pour une revalorisation des allocations sociales au-dessus du seuil de pauvreté.
Pour des emplois de qualité, ce n’est pas aux aînés de travailler plus longtemps. Pour des pensions décentes.
32h par semaine sans perte de salaire et avec embauches compensatoires pour pouvoir combiner travail, vie de famille et loisirs.
Pour un enseignement gratuit, de qualité et accessible à tous. Pour un refinancement public de l’enseignement, des soins de santé et du secteur social.

Ce 8 mars 2018, mobilisons-nous lors d’une manifestation contre le sexisme et la précarité.
Le 8 mars 2018, Journée internationale de lutte pour les droits des femmes, un rassemblement se fera sur la place du Carrefour de l’Europe, devant la Gare centrale.

Départ : jeudi 8 mars à 16h devant le foyer à l’ULB – Solbosch. Av. Paul Héger. La manifestation rejoindra l’action de la Marche Mondiale des Femmes à 17h30 à la Gare Centrale

Une initiative de la campagne ROSA (Résistance contre l’Oppression, le Sexisme et l’Austérité)

Pour signer l’appel, envoyer un mail à marisaz84@gmail.com

En plus au programme cette année :

- un village féministe à partir de 15h où les associations de femmes auront un stand pour montrer ce qu’elles font en faveur des droits des femmes ou proposer une animation (auto-défense, jeu, informations, théâtre,... )
- un "haka" féministe à 17h30 : à mi-chemin entre le flash-mob et l’auto-défense, un moment fort où les femmes revendiquent leur place, réaffirment leur force et leur envie de se faire entendre !

Information auprès de Marcela à marcela@mondefemmes.org

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